Wednesday, June 08, 2005

La pathologie mythomane des nationalistes de la diaspora

Un article qui explique de manière simple et concise la pathologie mythomane qui touche la communauté Arménienne. La source de cette mémoire sélective de la communauté étant les différentes campagnes de propagande et de désinformation au sein même de la communuaté par la communauté elle même.

On ne peut pas en vouloir à une personne qui ne fait que répeter les mensonges que l'on lui a enfoncé dans la tête. Il ne tient qu'aux Arméniens de bonne foi de s'interesser à la souffrance des autres et cesser le nombrilisme qui les caractérise pour le moment.

Ce peuple qui n'a pas la chance de connaître sa propre histoire se réveillera un jour, mais à quel prix?



Face à l'histoire, la recherche d'une "juste mémoire"
LE MONDE | 21.05.05 | 13h56 • Mis à jour le 21.05.05 | 14h04

Le passé, cette question brûlante inlassablement adressée au présent, pour reprendre les mots d'Emmanuel Levinas, hantait l'oeuvre de Paul Ricoeur. Aussi La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli (Seuil), livre qu'il publie en 2000 à l'âge de 87 ans, représente-t-il l'aboutissement d'une méditation sur l'histoire développée cinq décennies durant.

Les historiens, écrivait Roger Chartier dans Le Débat, "savent la dette qu'ils ont envers Paul Ricoeur", un penseur qui les aura aidés à être plus lucides sur leur propre pratique, car "comme d'autres, ils ne font pas toujours ce qu'ils croient faire et ne savent pas toujours ce qu'ils font" (dans le dossier "Autour de La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli", avec des contributions d'Alexandra Escudier, Pierre Nora, Krzysztof Pomian, Paul Ricoeur, Le Débat, n°122, novembre-décembre 2002). Bel hommage quand on sait à quel point le dialogue entre les deux disciplines importait à l'auteur d'Histoire et vérité (1955).

Au-delà du cercle des philosophes et des historiens, si la réception de La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli fut accompagnée d'un véritable succès de librairie, c'est que Paul Ricoeur y soulevait aussi la question, centrale dans l'ouvrage, de savoir en quoi l'histoire se distingue justement d'autres formes de relations au passé, à commencer par la mémoire. Entre la monumentale trilogie de Temps et récit (1983 et 1985) et la somme de 2000, un important changement de conjoncture va en effet survenir : notre entrée dans un nouvel âge du passé, perceptible à travers l'irruption du thème de la mémoire dans l'espace public et la place croissante occupée par ses diverses manifestations et revendications.

Montée en puissance de la mémoire, donc. Mais aussi, et de façon quasi concomitante au cours de cette décennie 1990, multiplication des discours critiques, sinon exaspérés, à son endroit. Que cette dénonciation s'énonce au nom de la cohésion républicaine, qu'elle participe d'une défense de la démarche historienne et de ses rigueurs ou qu'elle se réclame, sur un autre registre, de la nécessité de faire place aux crimes du communisme, lesquels trouveraient sur leur route une autre mémoire "concurrente", celle de la Shoah, parfois jugée trop envahissante, une chose est sûre : cette posture-là n'en compose pas moins, de son côté, comme un air du temps.

Certes, tout un pan de La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli sera pour rendre justice à la mémoire, que Paul Ricoeur refusait de disqualifier comme source de connaissance et dont il soulignait qu'elle demeure, en dernière instance, la "matrice" de l'histoire. Mais le philosophe n'en donnera pas moins à cette critique des "abus de la mémoire", selon la formule de Tzvetan Todorov, une de ses mises en forme philosophiques les plus achevées.
L'historien Pierre Nora ne s'y trompera pas lorsqu'il avouera partager l'irritation du philosophe contre les détournements du "devoir de mémoire", "trop souvent convoqué", déplorait Paul Ricoeur, "pour court-circuiter le travail de l'histoire", laquelle aurait à ses yeux pour vocation de "corriger, de critiquer, voire de démentir la mémoire d'une communauté déterminée, lorsqu'elle se replie et se referme sur ses souffrances propres au point de se rendre aveugle et sourde aux souffrances des autres communautés". C'est pour l'essentiel sur ce versant éthico-politique sensible que se feront jour les quelques rares objections opposées à Paul Ricoeur. Rappelons-en brièvement la teneur, l'importance d'une oeuvre et son aptitude à faire date se mesurant aussi à la discussion intellectuelle qu'elle suscite. Ainsi, dans Le Monde du 26 juin 2000 d'abord, puis dans la revue Critique, le philosophe Rainer Rochlitz, traducteur en allemand de Temps et récit et fin connaisseur de l'oeuvre de Ricoeur, dira-t-il son étonnement face à la nouvelle "croisade" entamée par ce dernier contre le devoir de mémoire.

Ce "devoir" ne renvoie-t-il pas au fond à un état de responsabilité dans lequel nous nous trouvons, tous, face à un passé récent ? Plus qu'un "impératif", ce serait donc une demande qui nous est adressée par le passé, au sens où Walter Benjamin parlait d'un "rendez-vous tacite entre les générations passées et la nôtre". Et d'ajouter que tout combat contre l'oubli ne relève pas structurellement de la victimisation ou de l'intimidation, les discours accusateurs contre ses "excès" risquant, selon lui, de masquer le vrai problème. Rochlitz mettait ainsi en exergue un point peut-être insuffisamment souligné dans les débats sur le devoir de mémoire : celui-ci n'est pas le même pour les victimes ou leurs descendants, et pour les autres.

Dans le premier cas, parler d'un devoir de mémoire n'a guère de sens : il va de soi. C'est de l'autre côté que le problème peut se poser. Or, en présentant ce devoir comme une injonction venant des victimes, Ricoeur pouvait sembler suggérer qu'il n'y aurait pas de raison, pour des citoyens français ou allemands, de se sentir obligés de s'interroger sur leurs attitudes ou celles de leurs parents.

Sur une ligne différente, l'historienne et sociologue Régine Robin exprimera, dans La Mémoire saturée (Stock, 2003), son scepticisme face à cette "juste mémoire" ­ car qui l'édicterait ? ­ que le philosophe appelait de ses voeux lorsqu'il disait son trouble devant "l'inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d'oubli ailleurs".

Ce n'est cependant pas le moindre mérite du livre de Paul Ricoeur, qui aimait à rappeler les "vertus du dissensus", que d'avoir remis à l'ordre du jour ces questions importantes, que nous ne sommes certainement pas près de refermer.

Alexandra Laignel-Lavastine
Article paru dans l'édition du 22.05.05

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